« Il faut repenser la question de l’emploi des jeunes en se basant sur des programmes bienréfléchis » dixit la DE du CDEL dans LE HERAUT

Dans un entretien exclusif avec la presse universitaire LE HERAUT, la Directrice Exécutive du CDEL, Madame Aline DATO a partagé avec la jeunesse estudiantine quelques secrets et méthodes pour le bachelier à la recherche de la filière adéquate, et pour l’étudiant ou le diplômé à la recherche d’emploi ou souhaitant entreprendre.  En voici la teneur.

LE HERAUT :Bonjour Madame. Nous sommes à l’orée de la rentrée universitaire 2013-2014. Bon nombre de bacheliers et certains étudiants se posent des questions sur les filières à choisir pour s’assurer une formation adéquate. Quels sont les critères qui doivent servir de base à ce choix très important pour une assurance insertion professionnelle à l’issue de leurs études ?

 

Mme DATO : Comme le CDEL l’a toujours véhiculé depuis une dizaine d’année qu’il organise des séminaires d’orientation des bacheliers, tout étudiant doit faire le choix de sa formation universitaire en tenant compte de :

–         Ses aptitudes et potentialités

–         Son projet professionnel, ses ambitions professionnelles ;

–         L’identification des besoins des entreprises, des compétences recherchées ;

–         Des moyens dont il dispose pour faire les études universitaires.

 Dans le contexte actuel, quelles sont les filières de formation que vous pouvez conseiller aux bacheliers et étudiants ?

Notre pays a encore beaucoup à faire pour son développement. Les ressources humaines étant le principal facteur, tous les domaines sont à priori concernés. Mais face au sous emploi et la difficulté d’accès au premier emploi dû à l’inadéquation entre la formation et l’emploi, il  est nécessaire de faire des choix judicieux qui permettent aux jeunes de pouvoir s’insérer dès la fin de leurs études sur le marché de l’emploi.

Nous pouvons donc à titre indicatif conseiller aux nouveaux bacheliers de se former dans les métiers liés à lachaine de production et de transformation agropastorale ;les métiers liés au tourisme, à l’informatique, à la communication ; etc. De façon générale, les métiers liés au développement.

 Quelles sont les difficultés que rencontrent les jeunes diplômés lors de leur insertion ou lorsqu’ils postulent pour un emploi ?

Lorsque les jeunes diplômés postulent à un emploi sans y être préparé ou averti, ils rencontrent beaucoup de difficultés.

–         Généralement, ils ne savent pas décrypter une offre d’emploi, donc n’y répondent pas de manière spécifique, donc leur réponse n’est pas prise en compte ;

–         Ils ne savent pas souvent se vendre à travers le document qu’est le curriculum vitae, ce document doit être bien présenté de manière à valoriser le candidat tout en refermant des informations justes et vraies ;

–         Le candidat ne sait pas souvent comment suivre sa demande à un poste ;

–         En cas de présélection, le candidat ne sait pas toujours comment réussir son entretien d’embauche.

–         Par ailleurs, certains diplômés d’université ne connaissent pas l’outil informatique qui est un outil indispensable à toute personne, même les analphabètes peuvent aujourd’hui faire des travaux sur le web.

Depuis plusieurs années l’ONG CDEL apporte des solutions spécifiques à chacune de ses difficultés et soulagent les jeunes diplômés en les accompagnantsdans leur insertion professionnelle.

De plus en plus on invite les diplômés des universités à l’auto emploi et à l’entrepreneuriat. Est-ce que les conditions sont réunies pour l’essor d’une pareille donne au Bénin ?

Il est très important de savoir que l’emploi doit être créé pour que ceux qui le cherchent en trouvent. Le système qui consiste à créer de l’emploi est la création d’entreprise. Nul n’est trop jeune ou trop âgé pour créer une entreprise. Aussi, si on ne peut pas encore en créer pour plusieurs personnes, il faut déjà pouvoir en créer pour soi même, d’où la question de l’auto emploi.

Donc  si on invite les diplômés des universités à l’auto emploi, c’est pour leur éviter le sans emploi ou le sous emploi. Il est très important de savoir que lorsqu’on a fini ses études, si on ne pratique pas, on perd les acquis et devient de moins en  moins aptes au fur et à mesure que le temps passe.

Si on est d’accord qu’on ne doit pas croiser les bras après sa formation, on ne doit pas alors attendre longtemps que l’on vous emploie, donc on doit entreprendre pour se créer son propre emploi.

Quant aux conditions, il faudra être réaliste et savoir bien exploiter ce dont on dispose. Reconnaissons que même si on n’a pas tout ce que certains pays ont, ilfaut reconnaitre qu’au Bénin il y a des dispositifs qui permettent d’accompagner les jeunes qui le désirent à entreprendre.

La situation de non recrutement systématique des diplômés en fin de formation universitaire date déjà de plus de 25 ans, ce n’est donc pas une surprise. Et depuis 1986, les diplômés ont appris à prendre leur destinés en main, du moins ceux qui y arrivent. Il est donc temps que les jeunes soient préparés à la situation etchoisissent à leur entrée à l’université des métiers qui leurs permettent à la sortie de se prendre en charge.

Toujours sur les conditions, vous savez que depuis quelques années, l’Etat béninois a mis en place des outils d’appui à l’auto emploi en termes de formation dans les 6 grands départements. Aussi, un outil de financement a été  mis en place pour soutenir ceux qui ont reçu la formation et ont élaboré leurs plans d’affaires. Mais, avant l’Etat, il y a avait et il y a toujours des ONG comme le Centre de Développement Economique Local (CDEL) dont le siège est à Cotonou qui accompagne les jeunes désireux d’aller à l’auto emploi. Et pour préparer les jeunes très tôt, le CDEL formait déjà les élèves dès la classe de 6è à l’esprit d’entreprise. C’est vrai que toutes les écoles du Bénin n’ont pas pu bénéficier de ces activités, mais depuis quelques années, un collège privé de la place s’y est engagé et prépare les élèves en entrepreneuriat.

Au total, on peut dire qu’il y a des initiatives en faveur de l’auto emploi des jeunes, mais l’épineux problème demeure la fourniture de garantie aux institutions bancaires et ou des micros finances pour les primo créateurs pour financer leur plan d’affaires. A ce sujet, si l’Etat a pris de nouvelles initiatives dans ce domaine, il reste à encourager les personnes morales ou physiques de droit privés pour coacher et garantir ces premiers financements.

Quels sont les secteurs propices à l’entrepreneuriat actuellement au Bénin

Cf réponse à la question 2

 Un mot à ajouter pour conclure cet entretien ?

Il faut repenser la question de l’emploi des jeunes en se basant sur des programmes bien réfléchi de formation et  insertion immédiate dans les divers secteurs de l’économie.

Par ailleurs, l’Etat doit encourager les structures privées qui ont de bonnes initiatives en matière de solutions pour l’accès à l’emploi, en établissant avec elles un partenariat public privé franc, honnête et durable.

En effet, lorsque les privés initient des programmes qui sont repris par le public, il serait indiqué d’impliquer dans le cadre d’un partenariatla structure initiatrice pour convertir en actions avec tous les paramètres  les idées de ce programme. Car, généralement, celui qui n’est pas l’initiateur d’un projet n’en maitrise pas tous les contours, et lorsqu’il s’en approprie sans associer le promoteur il a peu de chance de réussir. D’où la nécessité de la franchise du partenariat public privé.

Propos  recueillis par  M. Bernard DAVID

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